samedi 15 avril 2017

Instants précieux pigmentés



Les vacances s'achèvent pour nous et, partie seule à la campagne avec les quatre zozios, il a bien fallu trouver quelques activités à leur proposer.

Le soleil ayant été de la partie, les occupations autonomes dans la nature ont heureusement pris la meilleure part. Mais avec des grands, cela ne suffit pas toujours. J'en avais parlé avant de partir avec mon amie Cécile. Je n'avais aucune idée de quoi leur faire faire pendant ces vacances et pas très envie qu'on vienne me voir toutes les 30 secondes en me disant "je m'ennnnnnnuuuuie". L'idée même de cette perspective me fatiguait à l'avance...

C'est alors que Cécile m'a donné l'idée du siècle. Dans sa famille, il y avait toujours une boîte d'aquarelle qui traînait quelque part, celle de la tante Berthe ou de l'oncle Isidore et donc toujours le moyen d'aller récupérer les couleurs, les pinceaux et un bout de papier pour s'occuper. Je me suis dit que l'idée n'était pas bête et qu'après tout, pourquoi ne pas essayer ? Même si je n'étais pas totalement convaincue que cela puisse plaire à tous.

J'ai donc acheté de l'aquarelle d'étude, quelques pinceaux, du papier Canson en lot de 250 et en avant pour une initiation à l'aquarelle.
A vrai dire, à part un ou deux chez moi à qui je savais que cela pourrait plaire, je n'étais sûre de rien pour les deux autres et encore moins sur la capacité de chacun à réitérer les séances.

Donc nous voilà partis, à l'abri d'un parasol, pour une première séance d'aquarelle. et là, miracle, tout le monde se prend au jeu. Chacun observe ce petit pissenlit pour mieux le dessiner puis le peindre.
Une première séance qui se passe bien, c'est toujours bon à prendre.

Et voici que le lendemain, même heure, quatre garnements se pointent devant moi pour me demander le programme du jour. "Que fait-on à l'aquarelle aujourd'hui ?". Prise de court, je n'avais pas trop réfléchi, mais impossible de laisser passer cet engouement imprévisible ET collectif (c'est tellement rare qu'une activité fasse l'unanimité !). Nous avons alors essayé de faire des ciels :  retirer de la peinture, ajouter de la peinture, faire un lavis...tout cela sur le mode de l'expérimentation.
Deuxième séance sans problème et au complet.

Le surlendemain, invités à déjeuner chez des amis, les quatre mêmes viennent me voir, à la même heure - même ceux qui n'ont pas de montre- et me demandent le même programme. Accros, ils sont devenus accros. Au point de ne même pas comprendre pourquoi cela ne va pas être possible ce jour-là puisque nous n'avons pas le matériel et que nous ne sommes pas chez nous.

Heureusement, le jour d'après, un créneau se libère pour ENFIN faire de l'aquarelle (on a failli attendre, pfff). C'est parti pour le dessin d'une petite mésange charbonnière.
Toujours accros, ils ne lâchent pas l'affaire et j'ai à nouveau droit à mes 60 minutes de calme (même si ils me signifient que l'aquarelle c'est AVEC moi et pas autrement).

Bref...ceci pour dire que nous avons fait, quasiment chaque jour, une séance d'aquarelle. Si le résultat  comporte peu de chefs d'oeuvre absolus, je dois reconnaître que j'avais totalement sous-estimé le pouvoir créatif de chacun et même l'appétence qu'ils pouvaient avoir pour ce type d'activités.

Il m'a été demandé de racheter de l'aquarelle pour chez nous afin de pouvoir continuer l'activité chez nous. Et je n'aurai pas parié un kopeck sur la personne qui me l'a demandé. Comme quoi ...

Je vois plusieurs raisons à la réussite de ce moment et plusieurs bénéfices :

- un moment partagé avec maman (du pur luxe en ce moment compte tenu de mon agenda un peu chargé ces derniers temps)
- pouvoir, ne serait-ce qu'un instant, devenir mes petits élèves (ils sont assez jaloux du temps que je passe avec mes élèves et de ce que je prépare pour ces heureux chanceux)
- pouvoir expérimenter et apprendre de nouvelles techniques
- créer son propre dessin et s'apercevoir que chacun a son propre style, ni mieux, ni moins bien que le voisin.
- profiter d'une "vraie" activité organisée
- profiter d'un temps de relaxation, car l'aquarelle cela peut-être très détendant
- un vrai moment de calme, hummm

Que du bonheur pour un troupeau de zèbres insatiables...

Bilan :  avant de partir en vacances, il faut toujours parler avec ses bonnes copines. Elles peuvent vous sauver la mise.



3 commentaires:

  1. Bref, aquarelle=vacances idylliques! En tout cas, on dirait que la semaine fut un succès.
    Mais en pratique, est-ce que toi, tu avais déjà pratiqué?(moi je n'y connais strictement rien!) Et à partir de quel âge peut-on tenter l'aventure? (3ans ça me parait quand même ambitieux, mais 5ans jouable)
    J'ai toujours trouvé que les vacances de Pâques (pardon, de printemps) étaient les plus pénibles pour mes enfants, parce qu'ils s'ennuyaient plus que jamais. POurquoi, je n'ai pas su comprendre à l'époque....

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    1. Je pratique déjà en autodidacte. Mais en l'occurrence, les enfants aiment souvent faire de la peinture donc en avoir fait avant compte peu. Quand ils sont petits, ce n'est pas la peine de leur donner de sujet. À partir de 5/6 ans, ils peuvent commencer à essayer de reproduire ce qu'ils voient. Avec des sujets simples, on peut déjà arriver à faire quelque chose (une petite fleur, un fruit, le ciel, un oiseau, une branche, un petit objet simple qu'on a sous la main) et peu à peu ils apprennent à observer et à reproduire. L'avantage de l'aquarelle c'est que les couleurs sont jolies, fraîches et leur simple mélange sur la feuille blanche est réjouissant.
      Rien que de s'amuser avec les nuances d'une couleur, en essayant de l'eclaircir peu à peu en la delayant avec de l'eau est très joli à regarder.
      Bref... sans vouloir faire des chefs d'oeuvres, on peut faire des tas d'expériences !

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  2. C'est (encore) une excellente idée ca... Je vais emmener ca en vacances d'été :-)

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